Le Cambodge est surtout réputé pour ses fabuleux temples d'Angkor, ancienne capitale de l'empire Kmer ; il y a plus que cela à découvrir dans ce pays : des paysages agraires, des merveilles architecturales, des arts traditionnels variés, un peuple ouvert, serviable. Huit jours furent bien courts pour pouvoir apprécier tout à fond, mais on a quand-même eu un bon aperçu, et une fois de plus, on en est repartis en se disant qu'il faudrait forcément y retourner un jour !

Notre voyage s'est articulé autour de trois destinations variées : Siem Reap (domaine d'Angkor), Phnom Pehn la capitale, Koh Rong (ile île du sud ouest proche de Sinahoukville).

carte-cambodge-villes

C'est une destination idéale pour les vacances d'octobre, car ce n'est pas très loin d'ici et parce qu'à la saison des pluies il y a nettement moins de touristes. Visiter Angkor dans la foule n'est pas forcément très agréable... il y a en effet deux saisons principales là-bas : la saison sèche de novembre à avril, la saison des pluies de mai à octobre ; d'avril à juin la chaleur est insupportable. Quand on se renseigne sur internet, on voit qu'octobre est le mois le moins conseillé pour partir point de vue météo ; franchement, en huit jours, on a eu deux épisodes de pluie forte d'une durée d'une heure... pas de quoi "fouetter un chat". Beau tout le reste du temps.

La chaleur n'a pas empêché Marie de "chopper" un bon rhume dès son arrivée ; il a fallu dès le premier jour partir en quête de gouttes pour le nez - presque 39 de fièvre tout de même... pas dur de trouver des médicaments, les pharmacies pullulent, pullulent, une à chaque coin de rue.

Pharmacie

 

Pharmacie 2

 

 

 

 

 

 

 

 

Sauf que celles que vous voyez ci-dessus ne sont pas tout à fait réglementaires... après m'avoir proposé un spray périmé (je suis un peu à cheval sur les dates), puis des gouttes pour adulte, j'ai opté pour le basique sérum physiologique ; eh oui ici il faut savoir que 90% des médicaments sont des faux. Pour être sûr d'acheter du vrai, une seule enseigne valable : U Care, qui elle, ne court pas les rues. Il n'y en a que dans les grandes villes. Coup de chance, il y en avait une en bas de l'hôtel !

pharmacie U care

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à la présentation du pays.

Avec une superficie de 181 000 km2 et une population d'environ 15 millions d'habitants, le pays est bordé par le Vietnam, la Thaïlande et le Laos.

cambodge

Pour s'y rendre, on a utilisé la compagnie China Southern Airlines, pas notre préférée, mais on n'avait pas le choix. Un peu plus de deux heures de vol, c'est rapide. Sur place, il est très facile de se déplacer. Certes les routes ne sont pas dans un état excellent, mais on peut trouver une voiture avec chauffeur, ou un car, très facilement. Il faut tout de même se montrer un peu patient, ça ne roule pas très vite, et c'est parfois dangereux...

Sur la route 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Cambodgiens sont des inconditionnels de la moto. Là aussi l'insouciance prédomine, on roule partout, dans tous les sens, à deux, trois sur la même moto, parfois quatre ou cinq, et souvent sans moyens de protection ; ce qui explique une moyenne de quatre morts par jour dans la capitale. Effarant.

Motos 1

Moto 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, le tuk tuk est le meilleur moyen pour visiter une ville et sa région. On peut louer aussi des vélos, mais pour des distances plus courtes. Nous on a usé et abusé du tuk tuk. Trop bien ! C'est bon marché (enfin si on négocie), pratique (il y en a absolument partout, à toutes les sorties d'hôtel), amusant et instructif (on voit bien le paysage et on s'imprègne des odeurs environnantes - attention toutefois aux poussières sur les routes de campagne).

Tuc tuc

Tuk tuk 1

Tuc tuc 2

Tuc tuc 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

LE CAMBODGE AUJOURD'HUI

Le pays se remet peu à peu des différentes guerres qu'il a traversées ; voilà seulement vingt ans que la stabilité est revenue et que la démocratie s'est installée. Les Cambodgiens sont pleins d'espoir pour leur avenir, ils sont fiers de leurs origines et notamment d'Angkor Vat, symbole de la nation, image de marque du pays à l'étranger, et omniprésent dans les rues.

cambodge officiel

 

Les Cambodgiens sont effectivement très fiers de leur culture. L'économie touristique se développe de façon importante, et nombreux sont ceux qui veulent se spécialiser dans la danse ou la musique traditionnelle, le théâtre, la sculpture de la pierre, du bois ou du marbre, le tissage de la soie, la poterie, l'architecture des temples (guides). On a été émerveillés par toutes ces formes d'arts.

sculpture pierre

Statue bois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pays est encore très pauvre et rural ; les maisons, traditionnellement construites sur pilotis (car en zone inondable ou exposées à des pluies de mousson très fortes), sont construites avec des planches de bois, de la paille, du bambou, de la chaume, parfois de la tôle.

Maisons 1

Maison 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les poubelles jonchent les sols - mal entretenus - les enfants jouent avec des éléments naturels au bord des routes, se baignent dans des plans d'eau qui nous feraient passer notre chemin, notamment dans les campagnes.

Bord de route

Rue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une classe moyenne voit peu à peu le jour ; voir ci-dessous des maisons en "dur" ; les villes attirent en effet de plus en plus de travailleurs même si la population reste en majorité rurale.

Maison 3

Maison dure

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les campagnes, la vie est organisée autour des récoltes, des migrations saisonnières des poissons, des fêtes boudhiques et des festivités dédiées aux esprits. La terre et les cours d'eau sont très respectés car ils permettent de se nourrir.

Paysage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La monnaie en vigueur est le riel (1 euro = 5000 riels) mais vu son cours, c'est le dollars américain qui prévaut. Il n'est pas rare que l'on paye en dollars et qu'on nous rende la petite monnaie en riels. Il faut faire toute une gymnastique de l'esprit pour s'assurer que le compte y est...

Monnaie_du_Cambodge_t

 

Le pays a un système politique similaire à celui du Royaume Uni. C'est une démocratie pluripartite sous une monarchie constitutionnelle. Le roi actuel, Norodom Sihamoni, a succédé à son père Norodom Sihanouk suite à son abdication en 2004.

King_Norodom_Sihamoni

 

La photo du fils, du père et de la mère trônent un peu partout ; ici, dans notre hôtel.

Famille royale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partout sur les routes, il y a des panneaux affichant les portraits des membres du PPC (Parti du Peuple Cambodgien), principal parti du pays - environ tous des deux à trois kilomètres... on ne risque pas de les oublier.

Parti

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La langue parlée est le khmer ; suivent le vietnamien, le chinois, l'anglais et un peu le français.

 

HISTOIRE DU CAMBODGE

Avant de vous faire visiter virtuellement les endroits où nous nous sommes rendus, un peu d'histoire, car on ne peut visiter le Cambodge sans un minimum de connaissances historiques. L'histoire du pays n'est pas si simple à comprendre, et je n'ai pas le temps d'y passer des jours et des jours - je suis déjà bien en retard - alors j'ai choisi de faire assez rapide et simple et de faire un copier/coller de l'article trouvé sur Arte - pour ceux que cela intéresse.

Du déclin de la civilisation khmère au protectorat français 

Le royaume d’Angkor (800-1431 apr. J.-C.) est un des grands jalons de la civilisation humaine. Il a laissé à la postérité ses témoins de pierre, les temples d’Angkor comptant parmi les plus beaux édifices sacrés au monde. 

Le déclin de la légendaire civilisation khmère est insidieux. Au 13e siècle, les Khmers se tournent vers le bouddhisme. La stricte hiérarchie sociale instaurée par les anciens rois-dieux vacille, le système de la corvée tend à disparaître. Comme les champs ne sont plus cultivés, la riziculture périclite, et partant, l’économie tout entière. 

Les Chams, un peuple originaire de l’actuel Viêtnam, occupent et pillent Angkor entre 1177 et 1201 apr. J.-C. Cependant, les Khmers reconquièrent la cité royale. Au 14e siècle, ils essuient les attaques incessantes des Siams. 


Les Siams finissent par occuper Angkor en 1431 et y installent un roi vassal qui est lui-même un Khmer. Bassac, une ville à l’est du Mékong, devient la capitale. A partir de cette époque, les Khmers doivent repousser tour à tour les assauts des Siams et des Vietnamiens. Au 16e siècle, la capitale est transférée à Lovêk. Les Siams renversent le roi et conquièrent la province Siem Reap (Angkor). Les troubles persistent à cette période. 

Au 16e siècle, des aventuriers espagnols et portugais sillonnent le pays. Au 17e siècle, le pays reste soumis à l’influence siamoise ; des Vietnamiens du peuple des Ngyuen envahissent eux aussi le pays en 1673. Udong est alors la capitale du royaume instable et affaibli des Khmers. 

L’époque du protectorat français 

En 1863, le Cambodge devient protectorat français, après la conquête du Viêtnam par les Français. Cela ne change pas grand-chose pour la population, mais l’élite locale doit désormais se soumettre au commandement français. 

En 1877, le gouvernement du protectorat impose au roi Norodom Ier une série de réformes, dont l’abolition de l’esclavage. Le bouddhisme, adopté par le peuple des Khmers dès le 13e siècle, reste la religion dominante. 

Ce sont pendant les années de l’entre-deux-guerres que les Cambodgiens développent pour la première fois une conscience nationale. Au début, ils n’éprouvent pratiquement pas de sentiments anti-français, leur grogne visant plutôt les fonctionnaires vietnamiens travaillant pour l’administration française. Dans les années 1930, les Français tentent, sans succès, d’imposer aux paysans cambodgiens le travail salarié dans les plantations. Ils font alors venir des ouvriers du Viêtnam et de Chine. Comme les Français n’ont pas instauré de système éducatif digne de ce nom, le peuple cambodgien reste assez inculte. 

En 1941, 8000 Japonais occupent le pays. Ils forment une troupe d’occupation contre laquelle le gouvernement affaibli de Vichy ne peut plus vraiment s’opposer. 

Un mouvement anti-colonialiste se forme à cette époque autour du cercle des éditeurs bouddhistes du magazine Nagara Vatta. Mais ce mouvement est écrasé. En 1941, les Français placent sur le trône Norodom Sihanouk, alors âgé de 19 ans. Le 9 mars 1945, le Japon s’empare du pouvoir en Indochine. 

L’indépendance du Cambodge 

Avec le soutien des Japonais, le roi Sihanouk proclame, le 13 mars, l’indépendance du Cambodge. Le pays est rebaptisé Kampuchéa démocratique. Le Japon capitule en 1945 et le Cambodge revient à la France. 

En 1946, Sihanouk accepte l’adhésion du Cambodge à l’Union française. La France déclare officiellement l’autonomie du Cambodge, et en 1946, la tenue d’élections générales est décidée. Trois partis se présentent, tous trois conduits par des princes cambodgiens. Une guérilla, Khmer Issarak (les Khmers libres), voit le jour à cette époque. 

Ses membres campent dans les territoires occupés du nord de la Thaïlande qui seront restitués la même année au Cambodge. 

Lors des élections, le parti démocratique de Sisivath Yuthevong affronte le parti libéral du prince Norodom Norindeth. Norindeth souhaite maintenir les liens étroits avec la France, tandis que Yuthevong préfère que son pays se démocratise et accède à l’indépendance complète. Yuthevong gagne les élections et devient chef du gouvernement. Le pays se dote d’une constitution qui confère tous les pouvoirs à l’Assemblée nationale. Sihanouk désapprouve ce processus. L’année suivante, Yuthevong meurt de la tuberculose. 

En 1949, la France déclare l’indépendance du Cambodge au sein de l’Union française. 

La naissance de la guérilla 

En 1950, des groupuscules de révolutionnaires khmers fondent le Front Uni Issarak. Ils forment une guérilla marxiste. Loin de leur patrie, à Paris, est fondé un cercle communiste au sein duquel sont représentés les futurs dirigeants khmers Khieu Sampan, Saloth Sar (le futur Pol Pot) et Ieng Sary. 

En 1951, le parti démocratique gagne une nouvelle fois les élections. Mais Sihanouk dissout le gouvernement et prend le pouvoir, dans un pays secoué par les troubles. L’année suivante, il décrète l’état d’urgence. 

Le 9 novembre 1953, le pays devient totalement indépendant de la France. En 1954 se tient la conférence d’Indochine. En 1955, Sihanouk renonce à son titre de roi au profit de son père Suramarit, pour pouvoir diriger plus efficacement le pays comme Premier ministre. Avide de pouvoir, il crée une union des partis politiques et propage le « Socialisme bouddhiste ». Ses opposants perdent leur emploi, sont jetés en prison ou intimidés. Le Sangkum Reastr Niyum de Sihanouk rafle tous les sièges de l’assemblée nationale. Les autres partis politiques ont, de fait, disparu. Dès 1958, Sihanouk cherche à se rapprocher de la Chine pour des raisons tactiques. 

Entre-temps, les Américains font la guerre au Viêtnam. Sihanouk parvient jusqu’en 1970 à épargner au Cambodge les affres de la guerre. Un nouveau parti cambodgien révolutionnaire est fondé en 1960. Saloth Sar (Pol Pot), Khieu Sampan et Ieng Sary en sont membres. Saloth Sar, qui sera tristement célèbre sous le nom de Pol Pot, fuit dans la jungle. Khieu Sampan et d’autres membres du parti ouvrier cambodgien s’étaient déjà réfugiés dans la forêt vierge. Ces combattants formeront les Khmers rouges dans le maquis communiste. IIs s’allient aux Vietcongs dans le « Bureau 100 », un camp mobile dans la jungle. 

Bombardements américains sur le Cambodge 

Dès lors que les Vietcongs avancent avec leurs troupes en terre cambodgienne, le pays devient la cible des bombes américaines. A partir de 1969, les Américains bombardent avec leurs B 52 les repaires de la guérilla vietnamienne au Cambodge. En 1970, Sihanouk est renversé par le Général Lon Nol avec l’aide des Américains. L’armée américaine bombarde à nouveau le pays entre avril et juin 1970. La plupart du temps, ce ne sont pas les Vietcongs, mais la population civile cambodgienne qui est touchée. 

En 1970, le général Lon Nol renverse le Prince par un coup d’Etat et proclame la République. Chen Heng devient président. En 1972, le maréchal Lon Nol est élu président de la République à vie. Le gouvernement est corrompu et faible. 

Les Khmers rouges s’organisent dans la jungle. En 1973, leur pouvoir s’est déjà considérablement étendu sous le commandement de Saloth Sar alias Pol Pot. Enfants et adolescents sont éloignés de leurs familles, des coopératives sont créées, et les bouddhistes subissent la répression. 

Les Américains bombardent le pays sans aucun égard pour la population. Cette attitude est caractéristique la politique de Nixon et de Kissinger en Indochine. Les bombes continueront de pleuvoir jusqu’en 1973. Une partie de la population déracinée rejoint la guérilla. 

Le régime de terreur des Khmers rouges 

En 1975, les Khmers rouges parviennent à prendre la ville de Pnom Penh. Le gouvernement de Lon Nol est renversé et Pnom Penh vidée de sa population. Des centaines de milliers de personnes sont sauvagement exécutées parce qu’elles sont soupçonnées, à tort ou à raison, d’avoir soutenu l’ancien gouvernement. Les Khmers rouges détestent surtout les intellectuels. Des mois avant leur exécution, un grand nombre de victimes sont torturées pendant des « interrogatoires ». Le centre de torture « S 21 » à Phnom Penh a une sinistre réputation. Pour économiser les munitions, les condamnés sont battus à mort dans les camps. Des centaines de milliers de Cambodgiens enrôlés dans les brigades du travail périssent aussi dans des conditions épouvantables. Ils sont directement enterrés dans les champs, les « Killing Fields » ou champs de mort. Les dirigeants des Khmers rouges, Khieu Samphan, Ieng Sary, et Saloth Sar (Pol Pot) qui tire les ficelles dans l’ombre, embrigadent la plupart du temps des jeunes dont ils font des révolutionnaires fanatiques. 

Le 13 mai 1975, Pol Pot devient officiellement Premier ministre du Cambodge. Les purges qu’il opère au sein de son propre parti, le PCK, déclenchent de nouveaux exodes massifs. Les Vietnamiens tentent de libérer les Cambodgiens du régime de terreur qui leur est imposé par leur propre peuple. Phnom Penh est prise en 1979. Les partisans de Pol Pot s’enfuient. Sihanouk est relâché par les Khmers rouges peu de temps avant l’invasion vietnamienne. Le gouvernement de Pol Pot conserve son siège à l’ONU. Les fidèles de Pol-Pot ne sont pas destitués de leur pouvoir. Le chaos continue de régner sur le pays. Le Khmer rouge Khieu Samphan devient officiellement chef d’Etat. 

Un pays aspire au retour à la normalité 

Hun Sen est nommé Premier ministre en 1985. Les troupes vietnamiennes se retirent du Cambodge en 1989. Dans les années 1990, le Cambodge tente de retourner lentement à la normalité. En 1992, le pays est placé sous le contrôle de l’Apronuc (Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge). Le prince Sihanouk redevient chef d’Etat en 1991. Des élections ont lieu en mai 1993, le pouvoir exécutif est partagé entre le FUNCINPEC (Front uni pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif), mené par le Prince Ranariddh, fils de Sihanouk, et Hun Sen. La monarchie constitutionnelle est rétablie en septembre 1993, Norodom Sihanouk redevient roi, Norodom Ranariddh Premier ministre et Hun Sen second Premier ministre. Toutefois, une politique de réconciliation nationale est lancée à partir de 1998. 

Vu de l’extérieur, il est difficile de comprendre l’attitude du Cambodge face à son passé. Pendant des années, les criminels du régime de terreur ont pleine liberté de mouvement dans le pays. Pol Pot est condamné en 1997 à la réclusion à perpétuité, mais décède dès 1998 des suites d’une longue maladie. La situation finit par s’apaiser dans le pays. En 2004, le Cambodge est un Etat paysan, pauvre et aux difficultés rupture d’approvisionnement. 61 % des Cambodgiens sont analphabètes. Une mortalité néo-natale, très importante, de 12 % et une espérance de vie limitée à 57 ans sont les conséquences d’une situation médicale catastrophique. Depuis quelques années, le pays s’ouvre au tourisme occidental pour accéder à de nouvelles sources de revenus. 

Sources : entre autres, Karl Heinz Golzio: Geschichte Kambodschas, Munich 2003

 

LA RELIGION AU CAMBODGE

Il est important également de connaitre l'histoire religieuse du Cambodge pour comprendre à la fois les temples d'Angkor et la vie quotidienne des Cambodgiens d'aujourd'hui.

La plupart des Cambodgiens pratiquent un amalgame de croyances spirituelles auxquelles leur culture a été exposée au fil des années, dont l'animisme et le culte des esprits, qu'ils intègrent à l'hindhouisme et au bouddhisme.

- L'animisme : les Khmers croient que des esprits résident dans la terre, l'eau, les arbres et les pierres et que ces esprits influencent leur quotidien. Ils les craignent et les vénèrent, procèdent à des rituels pour les apaiser, car ils considèrent qu'ils peuvent être bienveillants ou malveillants. Les esprits ancestraux sont appelés "neak ta". Enormément de sanctuaires leur sont dédiés.

- l'hindouisme : il est centré sur trois dieux : Brahma, Vishnou et Shiva, respectivement créateur, protecteur et destructeur de l'Univers. Au Cambodge, Vishnou et Shiva étaient les deux principaux dieux et étaient symbolisés par le culte de Harihara, divinité unissant  les deux déités dans la même personne. Les rois d'Angkor faisaient construire des monuments religieux dédiés à la fois à l'hindouisme et au culte des esprits ancestraux.

- le bouddhisme : il trouve ses origines dans les enseignements du prince Siddharta Gautama (563-483 av J.C.), qui, ayant grandi dans l'isolement et le luxe, s'est rendu compte un jour des souffrances causées par la vieillesse, la maladie et la mort. Ayant longuement pratiqué la contemplation, il a quitté femme et fils, renoncé aux biens matériels, puis pratiqué la méditation ininterrompue. Il a réussi à triompher de toutes sortes de tentations, a atteint l'Eveil et est devenu Bouddha. Il s'est libéré du cycle des réincarnations et a enseigné les Quatre nobles vérités pour permettre à d'autres d'accéder à l'Eveil. 

Le bouddhisme theravada est la religion officielle du Cambodge contemporain, mais les pratiques religieuses actuelles empruntent des éléments à chacune de ces croyances. La plupart des Cambodgiens ont chez eux ou sur leur lieu de travail un édicule dédié aux esprits animistes. Il n'est pas rare de rencontrer des moines bouddhistes dans les rues.

Bouddhiste

Rites

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans quelques jours, notre épopée en photos...