Déjà une semaine que cela s'est produit, et on en est toujours pas revenus !

Déjà en quittant notre appartement, on était assez excités à l'idée de ce que nous allions vivre, on s'est bien marrés dans l'ascenseur, à vérifier notre coiffure, le col de chemise de Jéjé, la non transparence de ma robe...

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Eh oui, dimanche dernier, nous avons serré la main de monsieur le Premier ministre, ainsi que de quelques-uns de ses seconds !

Le binôme du chef de l'état a en effet effectué une visite officielle en Chine du 5 au 9 décembre. Sa venue fait suite à celle du Président de la République survenue en avril dernier. Il nous a d'ailleurs confié qu'il était très rare que la Chine invite deux personnalités politiques de haut niveau au cours de la même année, signe de l'intérêt que porte la Chine à la France.

Son déplacement avait pour but premier de marquer le 30ème anniversaire du partenariat franco-chinois dans le domaine du nucléaire civil, mais également de préparer les célébrations, en 2014, du 50ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques avec la Chine, qui induira un voyage prochain du président chinois en France.

Le Premier ministre était accompagné de cinq ministres du gouvernement français : Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, Philipppe Martin, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, Guillaume Garot, ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, chargé de l’Agroalimentaire, Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l’étranger, mais aussi de parlementaires, hommes d'affaires et grands patrons.

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La délégation s'est d'abord rendue à Pékin, puis à Wuhan, où la France prévoit la construction d'une ville durable non loin de là, et où les usines françaises sont déjà bien présentes, àTaishan, où elle a visité le chantier des deux premiers réacteurs EPR en cours de construction sur place, et enfin à Canton, afin d'y rencontrer les directeurs de quelques entreprises françaises.

Nous avons pu voir tout ce petit monde lors d'une soirée organisée au Sofitel.

Et ceci a tout simplement été possible grâce à mon statut d'enseignante de l'école française de Canton ! J'ai en effet reçu ainsi que mes collègues une invitation à me rendre à la réception organisée à la demande du premier ministre, en l'honneur de la communauté française de Canton.

On n'allait quand même pas rater ça !

A peine après avoir franchi le hall de l'hôtel, nous sommes tombés nez à nez avec la délégation française : le Premier Ministre et ses adjoints entraient dans l'ascenseur pendant que nous en sortions, ça nous a fait tout drôle quand même !

Après avoir montré nos cartons d'invitation et passeports, nous avons été fouillés comme à l'aéroport puis nous avons rejoint la salle de réception où nous avons été accueillis entre autres par Margaretha et son époux, le directeur de l'hôtel.

Au début, il n'y avait pas grand-monde, on en a profité pour faire quelques clichés de la salle...

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Oui t'es beau mon Jéjé. Tu devrais sortir la cravate plus souvent !  

Il faut dire que ça commençait plutôt bien...

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Il faut savoir que tout venait de France, les fromages, charcuteries et champagne ayant fait le voyage dans l'avion présidentiel cinq jours auparavant. Effectivement c'était franchement de haute qualité.

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 Puis les personnalités politiques sont arrivées et nous avons écouté le discours de Jean-Marc Ayrault,

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dont voici la retranscription publiée par Matignon :

 Hôtel de Matignon, le 8 décembre 2013

Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

Lors de la réception offerte à la communauté française de Canton

En République populaire de Chine

Dimanche 8 décembre 2013

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Madame l’ambassadeur,

Monsieur le Consul général,

Chers compatriotes,

Je suis très heureux d’être aujourd’hui parmi vous alors que j’achève ma première visite en Chine. Cette visite a notamment été l’occasion de célébrer le 30ème anniversaire de notre partenariat dans le domaine du nucléaire civil. C’est une coopération particulièrement importante cette partie de la Chine, qui en est le berceau.

A Pékin, où j’étais jeudi et vendredi, j’ai été reçu par le Président Xi Jinping. Je me suis naturellement entretenu avec mon homologue, le Premier ministre Li Keqiang. J’ai également rencontré le Président de l’Assemblée nationale, Zhang Dejiang, qui a été à la tête du Guangdong, dont sont originaires tant de hauts dirigeants chinois.

Nous avons bien sûr évoqué l’actualité internationale, mais surtout nos relations bilatérales qui s’inscrivent dans un partenariat stratégique global. Nos échanges dans tous les domaines, à commencer par l’économie, en forment la substance.

Un autre anniversaire nous attend : c’est celui de l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays qui résultait, en 1964, de la décision visionnaire du Général de Gaulle. L’année 2014 toute entière sera dédiée à sa célébration qui démarrera, le 27 janvier, à Pékin comme à Paris.

Avant de venir à Canton, je suis allé à Wuhan, où le développement urbain durable a été à l’honneur. Ce nouveau volet de notre coopération met en résonnance le défi que représente en Chine une urbanisation accélérée et le savoir-faire unanimement reconnu de nos entreprises. J’ai également visité l’usine de Dongfeng-Peugeot-Citroën Automobile, emblème de la présence industrielle française à Wuhan.

 Mon séjour dans le Guangdong a commencé par une visite à Taishan, où deux réacteurs EPR, qui répondent aux plus hautes exigences en matière de sûreté, sont en construction. Je salue les femmes et les hommes d’Areva, d’EDF et de toutes nos entreprises, PME comme ETI, réunies au sein du Partenariat France-Chine Electricité. Leur engagement fait honneur à l’industrie française.

Notre partenariat dans le nucléaire civil est un exemple de ce qu’il faut faire : une mobilisation de tous les acteurs – de l’Etat aux petites entreprises en passant par les grands groupes ; la construction d’une relation de confiance dans la durée ; une capacité à faire émerger de nouveaux projets qui en assure le renouvellement. Avec vous, je me réjouis que ce partenariat soit résolument tourné vers l’avenir.

Mesdames et messieurs,

La relation entre la France et la Chine est solide, comme en attestent la fréquence et la qualité de nos échanges. La visite d’Etat que le Président de la République a effectuée en Chine en avril dernier a été un grand succès. Nous travaillons déjà à la réussite de celle que fera le Président Xi Jinping en France, au printemps prochain.

Nous devons continuer à développer ensemble nos coopérations et à consolider nos relations économiques et commerciales, dans les domaines traditionnels que sont le nucléaire, l’aéronautique ou les transports. Nous devons aussi ouvrir de nouvelles pages dans des secteurs nouveaux et prometteurs, tels que le développement durable, l’agro-alimentaire, la santé ou les technologies de pointe.

Je sais que vous êtes nombreux à y contribuer quotidiennement. Je vous en remercie et vous adresse mes encouragements pour tous vos projets professionnels, comme personnels.

En Chine, près d’un quart des implantations d’entreprises françaises sont installées dans le Sud, pas seulement à Canton et à Shenzhen, mais aussi à Zhuhai, Xiamen et dans bien d’autres villes. Vous avez fait le choix d’une région dynamique.

A ce dynamisme correspondent votre esprit d’entreprise, vos compétences et votre enthousiasme. Vous êtes, en effet, de plus en plus nombreux à proposer des produits et des technologies françaises de qualité, dans un marché qui reste compliqué. Je connais les difficultés que vous rencontrez parfois, dans l’accès au marché ou dans le respect de la propriété intellectuelle. Ce sont des sujets que nous évoquons avec les autorités chinoises et sur lesquels nous avançons.

Avec désormais plus de 2.800 personnes inscrites au registre des Français de l’étranger pour la circonscription de Canton, vous représentez la première communauté européenne en Chine du Sud. Vous contribuez tous, chacun à votre manière, à nourrir le dialogue franco-chinois et au rayonnement de la France. Je vous en remercie.

Votre situation, mon gouvernement s’en préoccupe, qu’il s’agisse de votre accès à des services consulaires de qualité, de la scolarité de vos enfants ou de votre représentation politique. Sur tous ces sujets, des réformes ont été engagées. C’est ainsi que, l’’année prochaine, vous élirez des conseillers consulaires qui seront proches de vos préoccupations.

Mes chers compatriotes,

 A vous tous qui avez fait le choix de vous établir dans une région qui connaît un formidable essor, je souhaite adresser un message de confiance et d’ambition :

- confiance dans la capacité de la France, qui n’est pas n’importe quel pays, qui est un grand pays, créatif, innovant, fier de son identité et de son art de vivre, à relever les défis d’un monde en profonde mutation ;

- confiance dans la capacité de la France à se redresser, dans une Europe qui elle-même sort d’une crise économique et financière sans précédent, mais qui n’en demeure pas moins la première puissance économique du monde ;

- ambition pour la France, dans tous les domaines et notamment celui de l’économie. Parce que des réformes en profondeur sont engagées pour renouveler le modèle français, c’est-à-dire en garder tout ce qui fait notre singularité, tout en l’adaptant aux évolutions du monde.

Vive la République !

Vive la France !

Vive l’amitié franco-chinoise !

 

 Effectivement seul le prononcé fait foi, car de mémoire le discours était plus long.

On a retenu entre autres l'allocution du premier ministre vis-à-vis des expatriés français, soulignant au passage les difficiles conditions de vie de quelques-uns d'entre nous, situés à des kilomètres de notre mère patrie, loin de nos familles, isolés... Oh oui que c'est dur pour nous ici ! On n'a même pas de pain et de fromage !...

On a bien apprécié son discours sur la nécessaire présence d'une école française dans les villes étrangères afin de rendre la perspective d'une expatriation envisageable. Oui, oui, ici c'est nous !

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   Marie, ma collègue de CP, a une écharpe beige, et son époux Samuel, mon directeur, se trouve à droite.

Après ce discours, nous avons eu droit à la Marseillaise que nous avons chanté en choeur avec les collègues...

Les personnalités ont fait ensuite un tour de salle, assez long il faut dire, serrant des mains par-ci, par-là... on s'est faufilé entre les gens pour tenter d'obtenir des clichés sympas... pas mal quand même !

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Jéjé a pu s'entretenir avec Alain de Chalvron, correspondant en Chine pour France 2, à qui il a dit que les médias nous donnaient une mauvaise image de la Chine, qu'à notre arrivée nous avions été bluffés... coïncidence ou pas, le titre du journal du lendemain était : "Ayrault bluffé". Rigolo.

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Et la toute dernière photo avant le départ de ces messieurs, alors là celle-là, ça vaudrait le coup de la faire encadrer !

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  Sur cette photo se trouvent, autour de Jean-Marc Ayrault : Samuel, que j'ai déjà nommé,

 ainsi que le comité de gestion de l'école, en gros les parents qui m'ont embauchée :

Estelle, dont j'ai la fille en classe, Sandrine, dont j'ai eu la fille en classe, Fançois, dont j'ai eu le fils en classe, trois parents très sympas et très dynamiques puisqu'ils se montrent plus que disponibles pour faire tourner l'école et nous trouver de nouveaux locaux pour 2014/2015.

Enfin, tout ce petit monde politique est reparti dîner et se coucher. Le retour en France était prévu le lundi après-midi, mais a été avancé au matin, François Hollande ayant besoin de l'avion présidentiel pour se rendre en Afrique du sud pour les obsèques de Nelson Mandela.

 On a continué entre amis et collègues autour du buffet, encore sous le choc de ce que nous venions de vivre.

Et lorsque les serveurs du Sofitel nous ont ramené des "dabao" ou "daobao", je ne sais pas trop en fait (tuperwares destinés à ramener les restes chez soi), on n'a pas hésité, on s'est tous rués de nouveau sur le buffet, ah qu'est-ce qu'on s'est marrés ! Il y a ceux qui se retenaient et n'osaient pas trop se servir, et les autres, dont Jéjé et moi, qui n'avons pas hésité une seconde, pensant surtout à nos quatre loulous qui n'avaient pas eu leur part du gâteau, eux. Jéjé s'en est mis plein les poches (de toute façon, que serait devenue la nourriture ?), on est rentrés à bord d'un taxi discomobile avec Estelle et Bertrand, complètement survoltés...

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Le lendemain à l'école on était encore sur notre petit nuage en arrivant...

Et le soir quand j'ai tout déballé aux enfants (Jéjé n'a profité de rien car il était déjà parti au Japon), ils se sont exclammés de joie,

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                                                       et j'ai même eu droit à un super calin de la plus petite.

                                                                  Ah la la, quelles émotions !

 Ah oui, j'ai retenu aussi que la charcuterie française serait bientôt autorisée à la vente en Chine. Vivement !

Il y a aussi Renault qui va pouvoir s'installer dans le pays, mais ça, ça m'intéresse moins, on ne se mettra pas au volant ici, et on ne retentera pas l'aventure Espace, Mégane, Clio et Cie...