Comme on a déjà un bon aperçu culturel de l’île et que Jérôme s'impatiente de "farnienter" enfin, nous terminons notre séjour par trois jours de détente.

En commençant par une matinée rafting. Ca a été génial. Un peu plus d’une heure de route pour y accéder, mais en voyant un joli paysage, et sous le soleil, l'itinéraire fut plutôt agréable… arrivés sur place, nous sommes accueillis par des Balinais très serviables.

P1140886P1140896

 

 

 

 

 

 

Nous avons droit à un café puis c’est parti pour l’aventure...

P1140903P1140916

 

 

 

 

 

 

Damien, Mélanie et Florian d’un côté, Marie et nous de l’autre, avec à bord un guide chacun pour nous accompagner. C’était plus calme qu’en Chine, mais les paysages étaient vraiment plus beaux, on se serait  crus en pleine jungle.

 

P1140924P1140922

 

 

 

 

 

 

P1140930 Attention au courant...

A l’arrivée, une douche avec gel au monoï nous attendait, ainsi que le repas du midi, vraiment sympa.

P1140945

 

 

 

 

 

 

Ensuite, nous nous sommes rendus au village des artistes dénommé Ubud, où nous avons acheté des vêtements et des savons.On aurait pu aussi aller visiter un village consacré plutôt aux bijoux, et notamment à l’argent. Mais cela nous intéressait moins. 

P1140962P1140967

 

 

 

 

 

 

Notre guide nous a en effet expliqué que lors des baptèmes, les familles achetaient un bijou en argent au bébé, car de couleur blanche, synonyme de pureté. Cela a été l’occasion de parler de la naissance et des premiers jours :

Ici, lorsque le bébé naît, le cordon ombilical et le placenta sont conservés. Le cordon ombilical est d’abord déposé dans le pendentif acheté pour le baptème, ce dernier étant un bijou en argent, carré, avec une porte. Les Balinais le conservent car ayant permis de nourrir le bébé dans le ventre de sa mère, il est synonyme de protection. Plus tard, le cordon est déposé dans une petite bouteille de verre. Lorsque la personne meurt, il est brûlé, les gens pensent qu’il protège et aide à rejoindre le paradis. Quant au placenta, il est tout d’abord lavé par le père, de la main droite. Cette main est utilisée de préférence par rapport à la main gauche, cela est synonyme de respect. Puis le placenta est enveloppé d’un tissu blanc contenant du papier et des crayons afin de donner le goût d’apprendre à l’enfant. On le dépose ensuite dans une noix de coco. D’une part ce fruit  le conservera bien, d’autre part c’est un fruit dont rien n’est jeté. Ensuite on l’enterre dans le jardin familial à 1,5 m sous terre, et on dépose une pierre au-dessus pour se rappeler de sa localisation. Si c’est un garçon on le dépose à droite de la maison, si c’est une fille à gauche. En fait le placenta est considéré comme le jumeau du bébé. Régulièrement, des offrandes sont effectuées sur la pierre (quand le bébé est nourrit au lait, on dépose aussi du lait sur la pierre). Le bébé ne peut pas être déposé à terre avant l’âge de 105 jours, en attendant on le met dans un hamac conçu pour lui.

Du fait de ces traditions, tout Balinais doit finir sa vie dans sa maison familiale. S’il trouve du travail à l’extérieur de l’île, il devra rentrer chez lui lorsqu’il cessera son activité. S’il meurt à l’extérieur de l’île, son corps sera obligatoirement ramené dans son village. Lorsqu’une personne du village est malade, c’est tout le village qui se montre solidaire vis-à-vis de la famille, les gens effectuent des visites auprès de la personne, aident à préparer la cérémonie, donnent des offrandes, de l’argent. Les gens sont très solidaires, se connaissent tous dans les villages, car ils se parlent tous les soirs sur le bord des routes. Ils laissent leur porte ouverte même la nuit, personne ne s’aviserait de voler car ce serait très mal vu. Ces traditions sont toujours bien ancrées dans les villages mais se perdent un peu en ville, à l'exemple de Kuta où les gens sont plus individualistes.

Et pour terminer sur les traditions du pays, notre guide nous a parlé des « six mauvais caractères », l’équivalent de nos sept péchés capitaux. Pour les limiter, les gens se font limer les dents, plus précisément les canines. Cela est fait à partir de 17 ans pour les garçons, et pour les filles lors de leurs premières règles ou de leur mariage. En fait on profite de célébrer une autre cérémonie pour procéder à ce rite. 

Nous avons donc encore appris beaucoup de choses intéressantes dans la voiture !

P1140960

Après notre matinée rafraîchissante et notre petit tour à Ubud, on a poursuivi notre journée à la recherche d’objets d’art, et on a voulu retourner à Mas où on avait repéré quelques jolies statues de bois.

P1140977P1140978

 

 

 

 

Nous avons eu droit à une petite leçon sur les bois de Bali (bois de crocodile, bois d'hibiscus, bois de santai) et des environs (bois d'ébène et d'acajou).

 

Nous avons bien refait le tour du magasin et avons opté pour une statue en bois de crocodile représentant un couple d’amoureux, un beau souvenir de Bali. Marie s’est essayée à la sculpture en attendant que son père revienne de la banque… elle a fait la conversation  à un jeune homme qui essayait d’apprendre quelques mots en français. Sa soeur l'a rejointe et s'est emparée de ses outils à son tour... Après avoir réglé nos achats, un graveur a inscrit nos prénoms sur la statue.

P1140970P1140982

 

 

 

 

 

 

Je suis repartie de là en me disant « quel calme ici, comme ils ont l’air de vivre sereinement, dans la nature et sous le soleil permanent, no stress… ». Enfin mis à part celui de la circulation.

Notre guide a dû nous laisser un peu plus tôt car sa famille l’attendait au village pour préparer des décorations en vue d’une cérémonie, et c’est son neveu qui nous a ramenés à la villa. Avant qu'il nous quitte, je lui ai demandé s’il était déjà allé en Europe. En fait, comme la plupart des gens, il n’a jamais quitté Bali. D’une part les voyages sont chers pour eux, d’autre part ce n’est pas du tout dans leur culture de voyager : s’ils ont un peu d’argent, alors ils font plus d’offrandes dans le temple. Pourquoi quitter son pays quand on s’y sent en harmonie avec l’environnement et les autres, qu’il fait beau et chaud toute l’année ? Cela m’a fait drôle de me dire qu’on ne verrait plus jamais cet homme, parce qu’il habite à l’autre bout du monde… il y a des personnes qu'on aimerait pouvoir côtoyer plus longtemps.

Cette réflexion me projette à quelques mois, combien je n'en sais rien, lorsque nous devrons quitter Canton pour de bon.