Marie à Canton, les grands à Xian, les super grands à Shangai... (Beijing, ce sera pour plus tard).

Grâce à Valéo, nous nous sommes rendus tous les deux, ainsi que Marianne et Loïc, à Shangaï, pour une formation interculturelle de deux jours. Décollage prévu le dimanche à 13h, il a donc fallu s’organiser un peu en avance pour « caser » tout notre petit monde, d’autant que le lundi matin les grands étaient attendus par leurs profs dès 7h à l’aéroport de Canton…

Appéritif dînatoire chez Loïc et Marianne le samedi, histoire de se mettre dans l’ambiance… avec Estelle et Yann, Jirka et Yurge.

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Le jour j, nous avons sorti de leur lit Isa et Francis pour leur confier Marie durant trois jours, puis nous avons décollé, pendant que les trois grands restaient un peu à l’appartement en attendant de partir à leur tour : Florian chez son copain Martin, Mélanie chez Minnie, Damien chez Abdoul. (C’est vraiment sympa de savoir qu’on n’est pas tout seuls ici, je trouve que la communauté des expats est très solidaire, je ne sais pas si c’est pareil pour tout le monde, mais en tout cas nous trouvons que nous sommes bien entourés, et c’est en toute confiance que je laisse mes enfants aux soins d’autres personnes).

Mais revenons à Shangaï. A l'arrivée, on a eu froid !  Jérôme a regretté de n'avoir pris aucun pull, quant à ma petite veste elle était insuffisante. Mais le soleil était là, et on s'est tout de suite bien sentis dans cette ville.

Très grand aéroport, des toilettes non turques ! avec papier toilette en plus ! une longue file d'attente pour le taxi, mais des dizaines de taxis, donc peu d'attente. Des routes larges, une circultation plutôt bien réglée (pas de queue de poisson, pas de cyclistes à contre-sens, de piétons qui traversent n'importe où...). Le taxi est étonnant, une paroi en plastique épais isole le conducteur des passagers (à Canton c'est une grille de fer).

Rapidement, nous apercevons les buildings, les fameux buildings d'acier, de toutes tailles, toutes formes, toutes couleurs, qui s'illumineront lorsque la nuit tombera.

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Arrivés à l'hôtel, très contents de notre choix.

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On ne s'est pas éternisé pour autant car nous voulions voir un peu la ville tout de même. Etant ici pour une formation, nous n'avions pas vraiment le temps d'en faire le tour. Le bus touristique nous a semblé un bon moyen pour cette première approche. Nous avons longé le Bund (quai qui borde la rivière Huangpu), fait  un tour dans la vieille ville chinoise, puis dans le quartier de la rue de Nankin (Nanjing Lu).

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Rafraîchis par l'air qui s'infiltrait à l'étage du bus, nous nous sommes réchauffés autour d'un bon dîner international en tête à tête au Hyatt, avec une vue splendide sur la Tour de télévision de la Perle de l'Orient (symbole de la ville depuis 1995), entre autres.

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Le lendemain, légère hausse des températures, ouf le blouson n'était plus de rigueur. Nous sommes arrivés juste à l'heure dans les locaux de Valéo, à cause de la circulation importante.

 Au cours de ces deux jours de formation, nous avons évoqué divers aspects de la Chine, tels :

- Nos représentations initiales (la Chine telle que nous l'imaginions, la perception de la France et de l'Italie par les Chinois ou les Japonais). En fait notre pays bénéficie d'une image très positive : art de vivre, luxe, riche culture... mais une fois sur place, les gens sont déçus, notamment par les parisiens qu'ils trouvent froid. Quand on y réfléchit bien, en fait, nous faisons tous les mêmes erreurs : nous généralisons dès notre première expérience, et nous jugeons en fonction de nos propres normes culturelles...

- Un peu de géographie. Si l'on regarde un planisphère chinois, la Chine se trouve en son milieu (normal !) et de ce fait, la France, et même l'Europe, apparaît une petite contrée lointaine, surtout si la représentation est à l'envers de nos habitudes ! Alors quand on sait que notre pays ne figure pas sur les programmes scolaires chinois, on est même surpris qu'ils sachent nous localiser.

 Pour résumer, la Chine est divisée en quatre grandes régions : le désert du Nord, le Tibet et ses sommets, les régions littorales industrialisées, les petites et moyennes montagnes ailleurs.

La superficie de la Chine est de 9 600 000 km2, sa population de 1,3 milliards (20 millions à Pékin). Le Sichuan, avec 150 millions d'habitants, est la province ayant la plus forte densité de population. La province du Guangdong (100 millions) est plus peuplée que l'Allemagne ! La province du Hunan comporte autant d'habitants qu'en France...

De plus le pays comporte 56 groupes ethniques, avec tant de dialectes que les habitants ne se comprennent pas entre eux. Le mandarin, langue de Pékin (putonghua = langage commun) est devenu la référence. Depuis les années 80, l'enseignement est fait dans cette langue (sauf dans les provinces autonomes) alors qu'auparavant il était effectué dans le dialecte local.

- Un peu d'histoire / les institutions politiques : le peuple de Chine ayant commencé d'écrire son Histoire vers 600 avant JC, on ne peut être sûr des faits ultérieurs à cette date, d'autant que les vestiges architecturaux de l'époque ont été brûlés d'une dynastie à l'autre. Après un rappel des dynasties qui se sont succédées au cours de l'Histoire (Han, Tang, Song, Yuan Mongol, Ming, Qing Manchu), nous avons évoqué les guerres qui ont traversé le pays de 1839 (première guerre de l'opium) à 1979 (guerre du Vietnam). Cette période est appelée "les 100 ans d'humiliation" du fait des traités humiliants et des concessions données aux occidentaux. Le pays est sorti de ces combats en piteux état, et ce n'est que depuis 1971 (entrée aux Nations Unies) qu'on parle véritablement de croissance.

L'année 1912 marque la fin de l'empire et des dynasties, avec l'avènement de Sun Yat Sen à la présidence de la République de Chine.

En 1949 est créée la République Populaire de Chine. Le Président de la République est également le chef des armées et le chef du Parti. C'est son vice-président qui lui succède. 

Hu Jintao, Président de la République Populaire de Chine, Secrétaire Général du Bureau Politique du PCC, Président de la Commission Centrale Militaire.

Xi Jinping, Vice-Président

Le Bureau Politique du Parti compte 10 membres. Le Parti quant à lui comporte 78 millions de membres (5% de la population). Il est difficile d'y adhérer, il faut prouver sa valeur en quelque sorte, mais quand on en fait partie, toutes les portes s'ouvrent. Le gouvernement en fait n'est pas unique, il y a beaucoup de gouvernements dans tout le pays. Les objectifs prioritaires sont le renforcement de la Chine d'un point de vue politique, économique et militaire ; le maintien du pouvoir politique du parti ; la préservation de l'harmonie sociale ; l'amélioration de l'image internationale de la Chine (JO, expos, constructions d'aéroports...).

- L'évolution de la Chine. Il y aurait beaucoup à dire... la Chine bouge, très vite ! Elle est confrontée à divers problèmes tels l'inflation grimpante (on le voit, à Canton), les problèmes alimentaires, la sécurité, le turn-over dans les entreprises, les relations internationales avec les pays environnants... en fait, les problèmes diffèrent selon les personnes : les gens de plus de 70 ans sont marqués du poids de la tradition et de l'éducation, les gens de 50 à 70 ans sont nés pendant une période de tumulte social et ont vécu la révolution culturelle, ont connu le rationnement... les gens de 40 à 50 ans ont connu les premières réformes mais dans une Chine encore assez fermée, les gens nés après 1980 sont nés en pleine période de croissance, d'économie de marché. C'est la politique de "l'enfant unique". En fait la Chine évolue si vite que chaque groupe de 5 ans d'écart d'âge présente des caractéristiques différentes.

- Les différences culturelles Europe / Chine.

C'est l'un des points qui m'a le plus intéressée. Voici quelques exemples concrets, pêle-mêle :

          Europe                    Chine

Façon de penser

Résolution des problèmes

Ponctualité (on le vit tous les jours...)

Réseau de relations

Attendre son tour... (le concept de queue n'existe pas ici). C'est pénible aux sorties de bus et de métro !

Niveau sonore dans les restaurants (très fatigant ce bruit)

3 repas par jour

La place de l'enfant

Transports (avant, de nos jours)

et d'autres :

Colère (exprimée physiquement)                      (enfouie, le visage reste neutre voire souriant)

Estime de soi (importante)                                (peu d'estime personnel)   

Position du patron (légèrement supérieur)       (largement au-dessus)

Voyages (on admire)                                         (on passe son temps à photographier)

Occupations du retraité (promène son chien)   (garde ses petits-enfants)

etc, etc...

 

- Les tabous politiques et culturels, que nous connaissons.

Les formateurs nous ont mis en garde sur les critiques que nous émettons envers le pays. A trop en faire, nous sommes perçus comme n'aimant pas le pays qui nous accueille.

Par contre, certains sujet tabous chez nous ne le sont pas ici : par exemple, le salaire.

- La vie quotidienne en Chine 

Cette partie nous a été présentée par une Française expatriée depuis quelques années en Chine. Après avoir exposé nos satisfactions et nos difficultés d'intégration, nous avons échangé autour de thème divers, tels :

L'ayi (intendante de la maison) : il est connu que les ayis sont mieux traitées chez les expatriés que chez leurs homologues, mais ce n'est pas pour autant qu'elles préfèrent travailler chez nous. Leur but premier est d'accumuler le plus d'argent possible en vue de retourner ultérieurement dans leurs familles. Elles acceptent donc de travailler beaucoup, de quitter mari et enfant pour atteindre ce but, et certaines préfèrent travailler chez plusieurs propriétaires chinois plutôt que chez des étrangers qui leur montrent plus de considération.

Le shopping : on a tous l'impression de se faire arnaquer quand on achète quelque chose ! Eh oui, il ne faut pas hésiter à marchander, la négociation, c'est un véritable jeu pour les Chinois, qui sont dans la logique gagnant/gagnant (acheteur content de son achat / vendeur content de sa vente). Pour info, quand on se ballade à Pékin, il ne faut pas hésiter à diviser le prix initial par 10 ! A Shangaï, par 5 environ... Damien devient un pro en la matière car il s'imprègne de la langue avec une grande facilité.

L'alimentation : nous évitons tous d'acheter du poisson ici, nous n'en connaissons pas la provenance. La plupart d'entre nous achètent du lait importé. Certains sont des inconditionnels des produits bio... attention toutefois à ne pas tomber dans la paranoïa... par contre, être vigilant sur les produits frais, car la chaîne du froid n'est absolument pas respectée ici (d'ailleurs dans notre supermarché les congélateurs sont régulièrement grands ouverts).

La conduite : sur la route, quelle anarchie... alors si on conduit en tant qu'étranger, il ne faut surtout pas avoir de problème ; en premier, le fautif est celui qui a le plus gros véhicule ; en deuxième, c'est l'étranger ; en troisième, c'est celui qui a bu (ici la législation est 0° d'alcool autorisé). Donc si on n'ose pas s'aventurer dans l'achat d'une voiture, il nous reste le taxi (généralement réglos, sauf à Shenzen), le métro, le bus, l'avion, le train (le train couchette est à essayer).

La santé : en tant qu'expats nous allons généralement consulter des praticiens qui exercent dans des cliniques privées internationales, très chères. Il faut savoir que la pharmacopée chinoise est de très bonne qualité pour les problèmes courants (toux, rhume, fièvre) donc il ne faut pas hésiter à frapper à la porte de la pharmacie. En cas d'urgence, inutile d'appeler une ambulance, car elles ne sont pas médicalisées, mieux vaut prendre un taxi dispo de suite.

Les voyages : à faire si possible en dehors des vacances nationales, car sinon nous risquons de nous retrouver sur des sites bondés. Les plus renommés : Pékin, Xi'an, Hong Kong, Shangaï, Lhasa, Kunming, Guilin (montagnes), Chengdu (pandas), Lijiang (rizières), Suzhou (jardins), Hangzhou (grand lac), Harbin (festival des glaces en hiver)... bref on n'a encore rien vu !!!

Les activités culturelles incontournables : la nourriture chinoise, la cérémonie du thé (post prévu en juin), la médecine chinoise (acupuncture), le shopping, les arts, le taiji (sorte de kung fu), l'opéra chinois, les acrobaties, l'étude des religions (bouddhisme et taoïsme), les voyages...

 

Pour terminer la journée, il nous a été présenté un graphique que j'avais déjà aperçu en lisant l'ouvrage "guide de l'expatriation" : une courbe représentant le choc culturel de l'expatrié. En gros, à l'arrivée c'est l'euphorie, les découvertes... puis la descente aux enfers commence doucement mais sûrement, on voit des problèmes partout, et on remonte la pente, pour se stabiliser, de trois façons différentes selon les individus : on se sent toujours émerveillé, on s'habitue à cette nouvelle vie, on on se sent déçus. Pour ma part je n'ai pas le sentiment d'avoir connu de phase descendante, et j'ai la chance de me situer dans la catégorie du haut. Pourvu que ça dure !

Mais comment surmonter le choc s'il arrive ?

En s'entourant de personnes positives (ça c'est fait), en mobilisant son sens de l'humour (pas de problème là-dessus), en s'intéressant à l'histoire et à la culture du pays (je m'y essaie dans la mesure de mon temps disponible), en faisant le premier pas (comme d'hab.), en rencontrant les locaux (je fais des efforts, mais je dois en faire plus, le pro c'est Damien comme je viens de le dire), en participant à des activités communes (merci Canton Accueil et le Gwic !), en visitant ses voisins (nous n'avons pas encore franchi le cap : et si malgré mes 80 h de chinois, je ne comprenais rien à ce qu'ils me racontent ?), en prenant et donnant des cours de langues (ça y est ça c'est enfin fini, les cours j'en avais assez ! mais je suis une bosseuse, alors je révise seule pour entretenir).

 

Cette première journée, très intéressante, fut bien remplie !

Pour le dîner, nous nous sommes rendus dans un restaurant très réputé chez les expats de Shangaï, français... sauf qu'il était bien chinois ! Il s'agit du 1931, très joliment décoré certes, avec en musique de fond quelques chansons françaises, mais qui ne valait pas le détour gastronomiquement parlant, en tout cas selon nous.

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Pour le dessert, direction la crêperie bretonne, miam ! Ca faisait des mois qu'on n'avait pas dégusté du caramel au beurre salé...

 

 

 

Et le lendemain, nous avons attaqué notre deuxième jour de formation.

 En commençant par un cours sur les religions pratiquées en Chine, enfin, je crois que pour certaines il s'agit plus de philosophies que de religions : le Confucianisme (la pyramide de la hiérarchie, la place et par là-même le rôle de chacun dans cette pyramide), le Taoïsme (système de valeurs s'appliquant à la vie quotidienne), le Bouddhisme, l'Islam, le Christianisme, le Judaïsme. J'avoue n'avoir pris aucune note cette fois. Il faut savoir que la formation se faisait en anglais, et que ça n'a pas été si simple de suivre ces sujets. Et ne parlons pas de la suite, un retour sur le communisme, les anciens dirigeants... je commençais à saturer ! Ca m'a surtout montré que j'avais beaucoup, beaucoup de choses à apprendre ! Alors mes prochaines commandes de bouquins seront axées sur les religions, justement.

Les thèmes suivants m'ont parus compliqués également : économie, travail, relations dans l'entreprise, et quelques études de cas (conflits entre collègues, achat/vente d'actions...). En fait la deuxième partie de notre formation était très axée sur le monde de l'entreprise, et correspondait moins à nos attentes, femmes d'expats.

Mais ce court séjour a été très enrichissant.

J'espère en tout cas que ce post, bien qu'un peu long, vous aura apporté quelque chose aussi. A bientôt pour un reportage des enfants sur Xi'an...