L’écriture chinoise comporte 214 caractères élémentaires, les clés.  En combinant ces clés, on obtient d’autres caractères, les sinogrammes. On en compte aujourd’hui environ 60 000 en tout. Pour pouvoir lire le chinois actuel, il faut en connaître environ 2000. Pour du chinois classique, c’est 10 000. Autant dire que ce n’est pas demain que je vais commencer l’apprentissage de la lecture et de l’écriture…

 Le caractère chinois est une suite de traits, dont il est indispensable de connaître le sens et l’ordre d’écriture.

"Nǐ hǎo" ou "Bonjour"

Il y a quatre familles de sinogrammes. C'est assez compliqué, je vais faire très simple :

- Les pictogrammes (qui représentent une réalité ; du moins dans la logique chinoise, pas vraiment dans la nôtre)

- Les idéogrammes (qui sont une association d’idées)

- Les idéophonogrammes (composés de deux éléments, un portant le sens, l’autre la prononciation)

- Les emprunts (emprunts de caractères de même prononciation légèrement modifiés)

Pour apprendre à écrire les caractères chinois, il faut les imiter. Pour ce faire, on peut utiliser des quadrillages dans lesquels on recopie le modèle, ou alors intérioriser les modèles puis  les recopier de mémoire. Divers modèles de quadrillages existent : le modèle des 9 palais (9 cases dans un carré), le modèle du palais Hui (un rectangle dans un carré), le modèle du caractère "riz" (8 triangles dans un carré), le modèle du caractère "champ" (4 carrés dans un carré)…

Je profite de ce post pour vous donner un aperçu des travaux des filles : Marie à gauche, Mélanie à droite.

P1130009P1130012

 

 

 

 

 

 

Pour nous permettre de pratiquer un peu ce que nous avons découvert depuis que nous sommes en Chine, Canton Accueil nous a organisé il y a déjà plusieurs semaines une séance d’initiation à la calligraphie chinoise à l’Alliance Française.

Camera_20120315_104023

Deux professeurs chinois nous ont expliqué qu’il existait différents types de calligraphie, le plus courant étant le style régulier, celui qu’apprennent les Chinois pour écrire. Ce style est lui-même divisé en trois grands styles, du nom de leurs auteurs : le style Liu, le style Yan, le style Ou.

Ils nous ont ensuite présenté le matériel indispensable en calligraphie chinoise. Celui-ci est nommé « les quatre trésors ». Il comporte :

-          Les pinceaux (à poils de chèvre ou de loup)

-          La feuille : papier de riz très fin de couleur jaunâtre

-          L’encre : elle a la forme d’un bâtonnet, composé de noir de fumée, de végétaux et de colle. Le bâtonnet est frotté sur une pierre à encre avec un peu d’eau.  Pour obtenir différentes nuances, on dilue l’encre avec de l’eau. Mais de nos jours on utilise de plus en plus de l’encre liquide que l’on dilue également.

-          La pierre à encre, comme son nom l’indique, est en pierre. Mais les plus anciennes étaient également en jade, en porcelaine et en métaux.

 

Ensuite, nous avons appris comment tenir notre pinceau :

Pour faire de la calligraphie, il faut  en effet adopter une posture adéquate et tenir son pinceau d’une certaine façon, toujours de façon verticale (sauf si on écrit sur un mur) :

J’ai lu par ailleurs que pour écrire de petits caractères, il fallait poser son poignet sur la table. Pour des caractères un peu plus gros, on met l’autre main sous le poignet qui tient le pinceau. Pour des caractères encore plus gros, on pose son bras sur la table. On peut aussi se mettre debout et tenir le pinceau par sa base. Cette posture, je la vois régulièrement quand je suis dehors : dans la résidence, il n’est pas rare de voir des hommes plutôt âgés former des caractères à même le sol avec de grands pinceaux. Pour laisser leur trace, ils utilisent tout simplement de l’eau… qui sèche au bout de quelques secondes. J’aimerais bien savoir ce qu’ils écrivent !

 

Puis, nous nous sommes penchées sur les huit traits fondamentaux :

En effet, la plus petite unité du  caractère  chinois est le trait. On compte 8 traits fondamentaux. A partir d’eux, on peut composer des caractères appelés « clés ». Ce sont ces clés, ou leurs combinaisons, qui forment les « sinogrammes » (caractères chinois). Je crois que je me répète, non ?

Pour écrire, les Chinois respectent un certain ordre et un certain sens dans leurs tracés. Les huit traits fondamentaux sont :

1        Le point

2        Le trait horizontal

3        Le trait vertical

4        Le crochet

5        Le trait relevé

6 et 7  Le trait jeté descendant de droite à gauche (deux sortes)

8         Le trait appuyé descendant de gauche à droite

Nous n’avons pas eu le temps de tout apprendre, et de plus, les cours étant en anglais (avec le bruit de fond des conversations…),  je n’ai pas tout compris malheureusement. Néanmoins, ma voisine, qui avait l’air de s’y connaître, m’a appris que pour effectuer un tracé, il y avait trois étapes essentielles :

-          L’amorce : soit on cache la trace de la pointe du pinceau, soit on la laisse visible (pointe cachée / pointe visible). Pas si facile à faire…

-          Le corps, effectué avec une pression plus ou moins forte

-          La terminaison : à la fin du tracé, on peut appuyer sur le pinceau, ou le relever doucement, ou le bloquer brusquement.

Je me suis essayée à ces techniques… mais il est évident que je manque d’entraînement !

Camera_20120315_120341

Et nous avons terminé cette séance par une courte initiation à la peinture chinoise. Le professeur nous a montré quelques techniques que nous avons pu reproduire au gré de notre fantaisie.

Camera_20120315_115933

 Bof, bof, pas franchement convaincue du résultat, alors laissez-moi pour terminer cet article vous offrir quelques clichés du travail effectué par, par…

P1120630P1120627

 

 

 

Mais oui, Marie! Lors de ses ateliers du mercredi après-midi ! C’est franchement pas mal, j’ai d’ailleurs décoré toute notre cuisine de ses chefs d’œuvre…

P1120635

C’est parce qu’il n’y a plus de place pour les afficher qu’elle s’est mise à la chorale…